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Pour fêter le solstice d’été et rendre hommage au soleil, on allume des grands feux de joie depuis la nuit des temps. Jusqu’au Concordat de 1801, c’était un jour férié. Aujourd’hui, c’est une nuit de fête populaire de la jeunesse.

Depuis l’Antiquité, on fêtait le soleil lors du solstice d’été, quand la nuit est la plus courte et la plus douce. Au Moyen Orient, on honorait Tammuz, Dieu de l’abondance, des végétaux et du bétail. Chez les Celtes et les Germaniques, il y avait tout un rite pour bénir les moissons et récolter les herbes guérisseuses. Cette fête païenne et agraire marque un moment de plénitude de la nature, avant que la lumière ne commence à décroître. C’est donc une fête solaire et c’est pourquoi elle est placée sous le signe du feu…

La naissance de saint Jean Baptiste

De nos jours, cette fête a été christianisée en la fixant au 24 juin, fête de la naissance de Saint Jean Baptiste. Rare fête à célébrer une naissance avec Noël, elle est forcement joyeuse et chaleureuse. Les feux que l’on allume la veille au soir de la Saint-Jean sont donc une occasion de se réunir, de chanter, de danser, et de sauter au-dessus des flammes auxquelles on prête des vertus magiques : purification et protection vis-à-vis des maladies, des sortilèges et autres fléaux… Et pour les amoureux, le fait de sauter par-dessus le feu garantissait que leur amour dure toute l’année.

La cueillette de la Bonne aventure

On attend comme par le passé, le levé du soleil pour lui souhaiter la bienvenue et aller ramasser les herbes médicinales couvertes de rosée, juste avant le levé du soleil, moment de l’année où elles sont à leur apogée de leur pouvoir : c’est la cueillette de la « Bonne aventure ». Enfin, on prête aux cendres froides dites « charbon de Saint Jean » de vertus qui protègent de la foudre et des incendies les champs dans lesquels on les disperse.

Le petit Saint Jean de Valréas dans la Drôme

Dans l’enclave des papes à Valréas, on honore depuis 1504 le petit Saint Jean au soir du 23 juin par une grande fête qui va de l’église Notre-Dame-de-Nazareth jusqu’au Château de Simiane. Un spectacle sons et lumière a lieu dans le centre-ville et une grande procession en habits médiévaux se déroule au son du tambourin. Pour fermer le cortège, un petit enfant vêtu d’une peau de mouton, portant une croix et une banderole, figure de Saint Jean. Il a été choisi l’année précédente pour porter bonheur à la ville durant toute l’année. A la fin de la fête, il transmet ses « pouvoirs » au nouveau petit Saint-Jean de l’année.

En Alsace, un brasier de sarments de vigne

La fête de la Saint-Jean est l’une des fêtes populaires alsaciennes les plus chaleureuses qui soit. De nombreuses communes organisent des festivités autour d’un fackel, ou grand bûcher de bois d’une dizaine de mètres de hauteur. A Soultzbach les Bains, dans le Haut Rhin, dont le saint patron est Saint Jean Baptiste, le feu de la Saint Jean était autrefois organisé par les conscrits avant leur départ au service militaire. C’était aussi une épreuve de courage car les conscrits doivent accomplir le rite du feu qui symbolise le retour de l’été, en sautant au dessus d’un grand brasier fait de sarments de vigne enflammés. Aujourd’hui, c’est la fête de la jeunesse et tous les 15-20 ans sont coiffés de couronnes de fleurs fraiches.

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