B.A.titudes

Dans ce monde de plus en plus incertain et violent, de belles âmes s'évertuent à faire le bien, grand ou modeste, et à susciter la paix, chacun à sa mesure et quelles qu’en soient les conséquences.

Ces âmes, croyantes ou non, sont déjà dans la "B.A.titude"!

Saint Mathieu

Guido Reni, 1620, huile sur toile

 

 

Suriel Ramzal

Pour les prêtres de Mexico, l’entreprise est aussi un terrain de mission. Puisque les longues journées de travail et le trafic intense de la capitale sont souvent un obstacle pour la vie spirituelle des travailleurs, des « paroisses spéciales entreprises » ont été créées.

« Si les travailleurs ne peuvent pas aller dans les paroisses, apportons les paroisses dans les entreprises ». Voyant que les longues journées de travail et l’intense trafic de la capitale laissaient peu de temps aux travailleurs pour se rendre dans leur paroisse, quelques prêtres de la mégalopole ont eu cette belle intuition en venant à eux. Ils ont créé pour cela des « paroisses spéciales entreprises » explique l’agence Fides. Soutenue par le cardinal Carlos Agria Retes, à la tête du diocèse de Mexico, l’initiative a permis de voir fleurir trois paroisses de ce genre dans trois entreprises différentes. Une quatrième est en cours de création.

Les prêtres qui y s’y associent se rendent régulièrement dans  ces entreprises. Ils administrent les sacrements, offrent la possibilité d’un accompagnement spirituel, une formation catéchétique et sur la Bible. Pour Don Guillermo Vàzquez, curé de la société de boissons rafraîchissantes Roshfrans, cette nouvelle mission est une vraie joie : « je suis très heureux d’être un des pionner de cette action pour une “Église en sortie” comme dirait le Pape », confie le prêtre. « En visitant régulièrement l’usine, je me rends compte qu’il y a beaucoup de personnes qui, aujourd’hui, ne vont pas à l’Église ; non pas parce qu’elles ne le veulent pas mais par manque de temps. » Les trajets pour aller au travail, dans la capitale qui abritent 22 millions d’habitants, sont, en effet, une perte de temps conséquente pour les employés, insiste ce dernier.

La prêtre se réjouit d’avoir été si bien accueilli par la direction de l’entreprise. Il peut célébrer ainsi une messe par mois et consacre une journée aux confessions et à la direction spirituelle de ceux qui le demandent. À chaque temps forts de l’année liturgique, il fait aussi une catéchèse. Même son de cloche positif du côté du directeur général de l’entreprise, Sergio Platonoff, ravi lui aussi, et qui considère que ces paroisses sont un « don de l’Église ». Il se sent privilégié d’en bénéficier d’une dans son entreprise.

Alors que dans ce pays, pourtant majoritairement catholique, l’anticléricalisme se fait souvent sentir ; aucune hostilité n’est à signaler dans le cadre de cette belle initiative missionnaire.

 

Source Aleteia

SISTER NANCY
Franciscaines Missionnaires de Marie

Le pape François ne cesse d’exhorter les chrétiens à vivre l’Évangile en se déplaçant jusqu’aux périphéries. Les Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM) y prennent toute leur part sous différentes formes. Et aussi différents visages. Découvrez celui de sœur Nancy, missionnaire au Myanmar.

Trois ans au service d’une centaine d’enfants de maternelle en Haute-Birmanie ? C’est la belle aventure qu’a vécue sœur Nancy Yin Yin Htwe. Elle-même est originaire de Yangon, la plus grosse ville du Myanmar, ex-capitale du pays, qui reste encore aujourd’hui son cœur économique et rassemble près de 4.4 millions d’habitants. Là-bas, les vieux bâtiments coloniaux côtoient de grands immeubles modernes. Sœur Nancy a passé son enfance dans une famille de fonctionnaires d’État catholique. « J’ai grandi dans une ville où les chrétiens sont assez minoritaires », explique-t-elle de sa voix fluette. « Chez mes cousins et cousines, il y a beaucoup de religions différentes », poursuit-elle, précisant que sa famille comptait notamment des bouddhistes et des musulmans. La réalité interreligieuse, elle l’a connue dès son plus jeune âge. En Birmanie, le bouddhisme est largement majoritaire puisqu’il est pratiqué par près de 90% des Birmans. Les chrétiens représentent quant à eux un peu moins de 5% de la population.

À 18 ans, la jeune fille, qui rêve de devenir enseignante, sent un appel à se donner toute entière à Dieu. À 22 ans, elle entre donc chez les Franciscaines missionnaires de Marie. Cette communauté missionnaire, fondée en Inde en 1877 par une religieuse française, sœur Marie de la Passion, est vouée à la mission universelle. Aujourd’hui, les sœurs de la congrégation sont engagées à travers le monde dans divers apostolats au service des plus pauvres, dans l’esprit de simplicité de saint François d’Assise et de sainte Claire. Elles sont plus de 6.000 de 80 nationalités différentes, réparties dans 74 pays du monde.

Un territoire traditionnel

En 2005, âgée de 31 ans, sœur Nancy vient de prononcer ses premiers vœux. Elle est alors envoyée dans la ville de Tahan, en haute-Birmanie. Cette vaste région montagneuse, proche de l’Himalaya, représente le cœur historique du pays. Dans ce territoire qui reste assez traditionnel, le travail se fait plus rare qu’à Yangon, en raison de l’absence d’entreprises ou d’usines, explique sœur Nancy. Dans la ville où elle débarque, les gens sont essentiellement cultivateurs — cultures de maïs, de pommes de terre de cacahuètes — mais aussi tisseurs, travaillant alors sur des métiers à l’ancienne. La religieuse est nommée directrice d’une école maternelle qui rassemble une centaine d’enfants.

Là-bas, elle rencontre une ethnie différente de la sienne, donc il s’impose d’apprendre sa langue pour mieux rencontrer les uns et les autres. Nancy s’attelle à la tâche, aidée quotidiennement par les enfants dont elle s’occupe ! Si la plupart d’entre eux viennent de familles chrétiennes (la moitié est composée de catholiques, l’autre de protestants), quelques-uns sont bouddhistes. La diversité religieuse se vit au quotidien.

« Là-bas, toute la vie, c’est comme une grande famille »

Sœur Nancy, qui a grandi dans un milieu favorisé, découvre là une plus grande précarité. « Dans les petits villages, il arrive que les enseignants ne viennent pas », explique-t-elle. De plus, l’école maternelle n’étant pas obligatoire, les seules écoles qui existent relèvent de l’enseignement privé et ne sont donc pas accessibles aux foyers les plus pauvres. Là-bas, entre 10 et 20% des enfants ne fréquentent pas l’école maternelle. L’école tenue par les sœurs reste gratuite pour les plus pauvres afin « de leur donner une chance ». Sœur Nancy en est certaine : en éduquant les enfants dès leur plus jeune âge, on sème quelque chose pour l’avenir et on les éveille à la vie. « À partir de 4 ans, les enfants commencent à écrire les lettres et à apprendre des mots en anglais », constate-t-elle.

Si les enfants les plus pauvres sont déjà laissés de côté, il est probable qu’ils auront par la suite un sentiment d’exclusion. En échange, les parents rendent des services à l’école, donnant volontiers un coup de mains pour un problème de plomberie ou fabriquant des bancs pour les écoliers. « Nous, les sœurs, nous donnons notre vie à Dieu, donc ils nous aident aussi. C’est une manière de participer à la mission. Ils ont beaucoup de respect pour les religieuses et les prêtres », affirme la religieuse. « Là-bas, toute la vie, c’est comme une grande famille. On s’aide les uns les autres. Tout le monde est là s’il y a des difficultés. Les gens sont proches de la nature. Ils restent simples et ne se plaignent pas, même si la vie est dure ». Elle vante leur précieux sens de l’hospitalité. Aujourd’hui, sœur Nancy a changé de continent, puisqu’elle a été envoyée en mission à Oullins, à côté de Lyon (Rhône, France). Aucun doute, de nouvelles aventures l’attendent.

Prenez part à la mission d’évangélisation ! Faites un geste de partage : donnez, maintenant !

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Source Aleteia

 


MEP
En Birmanie plusieurs religieuses de la Congrégation du Bon Pasteur luttent contre la drogue.

La Birmanie a récemment pris la première place dans la production d’amphétamine dans le monde. Alors que 50 à 80% des jeunes sont dépendants à l’héroïne dans le nord du pays, quelques religieuses de la Congrégation du Bon Pasteur prennent le problème à bras-le-corps.

Tous les mois, sœur Theresa Kham se rend dans le village de Yangon Ywar, au nord de la Birmanie, à la rencontre des catholiques sortis de la dépendance à la drogue, rapporte l’agence Églises d’Asie des Missions Étrangères de Paris (MEP). Cette religieuse fait partie de la congrégation Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur. Elle vit avec trois autres religieuses. Il y a deux ans, en 2017, elles ont créé un centre d’accueil pour les femmes victimes de la traite humaine où elles accueillent aussi d’anciennes droguées.

Dans leur centre, en plus du gîte et du couvert, elles proposent à ces femmes démunies des cours et une formation professionnelle. Mais les religieuses ne perdent pas de vue l’essentiel : elles proposent aussi et surtout un accompagnement spirituel. « Je leur apporte un soutien moral et spirituel pour qu’elles puissent grandir avec Jésus », confie la religieuse aux MEP.

La méditation de la Parole de Dieu, un rempart contre la drogue

Cette année, les religieuses accueillent treize anciennes droguées, rapporte les MEP. « La plupart des jeunes du centre ont consommé des comprimés de ‘yaba’ (c’est-à-dire la méthamphétamine, ndlr.) qui sont peu chers et faciles à se procurer », explique sœur Theresa. Pour cette raison, elle a instauré un plan d’attaque : un programme de sortie de la drogue. Son arme maîtresse : la méditation de la Parole de Dieu. Et ça marche !

La lecture de la Bible donne des forces aux anciennes toxicomanes. Catholique de 63 ans, elle explique combien la rencontre mensuelle avec sœur Theresa lui apporte, lui permettant de partager leurs expériences mais aussi d’apprendre à davantage se connaître. « Depuis que je suis sortie de mon addiction à l’opium en 2003, je n’en ai plus jamais consommé », témoigne-t-elle.

Un fléau national

En Birmanie, la consommation de drogue est culturelle et il n’est par rare d’en consommer lors des fêtes de mariage. L’opium est même valorisé et sert d’antidouleur. C’est donc un véritable fléau national. Lutter contre la drogue devient par conséquent une mission d’envergure pour la congrégation des religieuses, répartie dans les cinq diocèses du pays.

Premier producteur d’amphétamine du monde, la Birmanie est aussi le deuxième plus gros exportateurs d’opium après l’Afghanistan. À raison de 50 à 80% des jeunes dépendants selon Info Birmanie, le nord du pays est la zone où cette lèpre sévit le plus. Résultats : violence, misère et maladies. La production de drogue dans la région et leur trafic provoquent de nombreux conflits notamment entre milices locales.

Par ailleurs, la congrégation dirige plusieurs centres d’accueil de jour pour les enfants séropositifs ou pour les enfants dont les parents sont drogués ou atteints du virus de sida. Les 51 religieuses que compte la congrégation dans tout le pays accueillent également les enfants des rues et sont engagées dans la pastorale en milieu carcéral.

Source Aleteia

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Câliner un enfant malade à l’hôpital. C’est une des missions que propose l’association Main dans la Main à ses bénévoles que l’on appelle « les berceuses », et qui apportent douceur et apaisement dans neuf établissements hospitaliers de la région parisienne.